
- Lieu
Célestine
- Durée
1h20
- Horaire(s)
20h30
Présentation
Débarqués sur une île inconnue, deux couples naufragés en découvrent les moeurs sociales surprenantes. Ici, autrefois, on tuait les maîtres pour libérer les esclaves. Les moeurs se sont adoucies. Trivelin, un habitant de l'île dédié à l'organisation du séjour de nos quatre personnages, leur explique la règle désormais en vigueur : l'inversion des rôles. Les maîtres deviennent esclaves de leurs anciens larbins. Pour Marivaux, il s'agit clairement d'un divertissement cruel, comme le prologue le montre, exposant une sorte de règle du jeu. Puis les choses s'enveniment. Les masques à peine tombés, la tyrannie change de camp.
Eric Massé explore avant tout la pièce comme une métaphore de l'enfermement. Le spectacle nous fait tout d'abord partager les sensations et le désarroi des protagonistes. La lumière se lève lentement sur cette nouvelle réalité et L'île des esclaves est montrée comme un espace d'aliénation. Chacun y est privé de son identité et la nouvelle convention ne profite à personne.
La mise en scène donne à Trivelin la silhouette d'un gardien de bagne et l'île prend l'allure d'un désert menaçant. On en oublie le contexte original pour suivre cinq personnages qui désertent le 18ème siècle sans le trahir. Ils échouent aux frontières d'un monde à la fois indéfini et familier. Ce glissement offre non seulement une surprenante modernité au texte de Marivaux mais permet aussi de voir la pièce comme un miroir de nos propres enfermements.
Distribution
Aller plus loin
Mentions de production
Nouveau Théâtre de Besançon, Scène nationale 61, Alençon et les théâtres de Verdun, Arras
