Les Célestins, Théâtre de Lyon
Saison 2003-2005

Dinguerie tropicale

Stanislaw Ignacy Witkiewicz, Grzegorz Horst
Dinguerie tropicale_AFF_001
  • Lieu(x)

    Bourse du Travail

Présentation

« Il est impossible de décomposer le charme des pays tropicaux en éléments simples, de le réduire à des choses connues. Il est comme un bloc de rocher, décourageant toute analyse. C’est la force mystérieuse de ces pays – celui qui les voit une seule fois, il peut les détester, mais il reste esclave de cette vision jusqu'à la fin de sa vie ». C’est en ces termes que Stanislaw Ignacy Witkiewicz parlait de la Nouvelle Guinée, île dans laquelle il avait voyagé en 1914 avec son ami Bronislaw Malinowski, afin de se remettre du suicide de sa fiancée. Cette « force mystérieuse » inspira au dramaturge une pièce de théâtre, Dinguerie Tropicale, qu’il écrivit en 1920. Un décor exotique y sert de révélateur à la folie du comportement des Occidentaux qui, loin du monde des conventions, laissent libre cours à leurs penchants destructeurs. Au fond, toute cette pièce parle du combat des diverses forces en présence dans le monde des finances. De manière proche de celle de Brecht dans Mahagonny, Witkiewicz utilise le décor tropical pour montrer le vrai visage de la civilisation de l’Ouest. La férocité et la cruauté cachées « à la maison », en Europe, apparaissent au grand jour sous le soleil des tropiques : « Ce pays fait rappeler aux gens leurs instincts les plus bas », dit Price. […] Dans un milieu différent, les Européens ne sont plus obligés de sauvegarder les apparences et peuvent donner libre cour à leurs penchants cannibales. Dès que le vernis des convenances disparaît, l’essentiel de la civilisation de l’Ouest se résume à la sauvagerie et la folie. Dans la pièce de Witkiewicz et dans le micro cosmos de la civilisation de l’Ouest, confronté à la culture de l’Est, le droit d’exploitation existe au niveau de l’individu, de la société, de la nation et de la race. Les hommes et les femmes, les parents et les enfants, les Anglais et les non-Anglais, les blancs et les jaunes, tous participent à ce duel des forces. La victoire est obtenue aussi bien par la conquête physique que par la conquête morale. Chacun écrase tout le monde, la rivalité se transforme en une violation. […] Un tel monde est naturellement divisé en deux groupes : les dirigeants et les dirigés. Celui qui se retrouve au-dessus est immédiatement attaqué par tous les autres. Les alliances, dépendant des rapports de force, sont constamment conclues et rompues. En bas de l’échelle on trouve des races « inférieures » : les Chinois et les serviteurs malaisiens qui méprisent leurs seigneurs blancs et observent leur lutte avec un réel plaisir. Ils parlent des Européens comme ceux-ci parlent d’eux : « les singes ». Sauf que pour les uns les singes sont jaunes et pour les autres, ils sont blancs.
(D.C Gerould, L’Exotique chez Witkacy, Dialog, 1971)

« Nul spectacle ne m’a fasciné à ce point depuis bien longtemps » (Krytian Lupa, « Didaskalia)

Distribution

Avec le soutien de Nova Polska, une saison polonaise en France, AFAA
Production Teatru Rozmaitosci / Théâtre Rozmaitosci (Varsovie)
Créateur(s) coiffures Monika Fetela
Régie son Piotr Domiński
Régie lumière Dariusz Adamski
Scénographe(s) Barbara Hanicka
Musique Bolestaw Rawski
Comédien(s) Marek Kalita, Maria Maj, Adam Marszalik, Waldemar Obloza, Wojcieh Kalarus, Michal Konarski, Magdanela Mirek, Lech Łotocki, Magdanela Kuta, Rafał Maćkowiak, Mirosław Zbrojewicz, Cezary Kosiński, Maja Ostaszewska
Auteur(s) Stanislaw Ignacy Witkiewicz
Metteur(s) en scène Grzegorz Horst
Traduction Eva Penot-Sroka

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