
- Lieu
Les Célestins
Présentation
Elle a décidé de jouer le jeu de la vie, d’y trouver sa place. Lui en est exclu parce qu’il est chômeur et s’estime rejeté. Casimir et Caroline voient différemment le monde qui les entoure. Leur couple résistera‑t‑il à ce décalage ? Injustement méconnu, Ödön von Horváth est pourtant signataire d’un théâtre stylé et puissant, que certains n’hésitent pas à comparer à celui de Brecht. Dans Casimir et Caroline, il découpe le quotidien en une succession de scènes brèves et saisit les petites choses qui en disent long. Dans l’Allemagne de 1932, il situe les épisodes de la tourmente du jeune couple dans l’univers forain d’une fête de la bière. Dans ce décorum de bruit et d’ivresse, il fait défiler les monstres de foire. Avec la même subtilité qu’il décrit le vacillement du couple, il montre celui d’une société à la dérive dans lequel Casimir, comme d’autres, ne trouve pas sa place. Un monde étrange dans lequel s’affrontent les lueurs d’espoir et les spectres de déchéance. Mais Horváth ne condamne jamais, ne moralise pas. Il donne simplement à voir les mécanismes de l’aveuglement et de l’enfermement, des dérapages qui fabriquent la victime ou désignent le monstre. Jeune metteur en scène prometteur, Richard Brunel nous fait assister à ces tranches de vie, donnant l’impression à chaque spectateur de traverser la fête foraine. Il nous fait entrer dans l’intimité crue et terriblement attachante de Casimir et Caroline.