
- Lieu
Les Célestins
Présentation
La Locandiera, pièce en trois actes, représentée pour la première fois en 1753, est l'une des plus spirituelles et à coup sûr la plus cohérente et parfaite de toutes les œuvres de Goldoni.
Le comte d'Albafiorita et le marquis de Forlipopoli, descendus à l'auberge que tient Mirandolina, briguent l'un et l'autre l'amour de cette jolie femme et lui offrent, l'un des cadeaux, l'autre le vain appui de sa protection. Mirandolina a accueilli également le chevalier de Ripafratta, misogyne assez bizarre et dont l'insensibilité irrite la jeune hôtesse à tel point qu'elle décide de le conquérir, en gagnant naturellement la partie.
De là, les jalousies et les querelles entre les trois soupirants, auxquelles s'ajoutent d'autres complications causées par l'arrivée de deux femmes étranges : Ortensia et Dejanira.
Une longue tradition a interprété cette comédie célèbre comme l'apothéose de la malice enjouée et de la frivolité étudiée de la protagoniste, mais on tend aujourd'hui à souligner surtout le caractère conflictuel du jeu de Mirandolina, mis en évidence par le brusque virage final où, après avoir poussé le chevalier à la passion et s'être laissée effleurer par un désir amoureux qui l'entraînerait en dehors de sa condition sociale, elle repousse son prétendant et épouse son pâle valet Fabrizio, les trois autres hommes devant alors se résigner.
Mirandolina, image exceptionnelle de désirs inassouvis, subit la fascination de la fiction théâtrale, pour ensuite la refouler ; la scène est ainsi traversée par des promesses impossibles et dangereuses de bonheur, étouffée en un monde régi par une dure distinction des rôles sociaux et par des valeurs que Mirandolina refuse de transgresser, après avoir conduit un jeu risqué où elle a affirmé ce désir de transgression.
Jean-Paul Manganaro
Distribution
En images









