Martin Lebrun
illustre la saison 20-21

J’aborde le dessin comme un artisanat, plutôt que comme un art.
J’aime travailler la matière, la comprendre. Me confronter à elle pour mettre en dessins les images que je crée dans mon imaginaire, les modeler avec cette matière.
En me laissant surprendre et guider parfois par les accidents. Pour moi, l’illustration ne doit pas seulement illustrer. Elle doit mettre en avant quelque chose, dire ou guider une ou plusieurs interprétations possibles d’un même sujet, d’une même histoire.

« Pour cette saison des Célestins, j’ai essayé de mettre en image chaque pièce souvent par un élément unique, avec la volonté d’amener parfois un côté ludique, voire absurde. Les décors sont très peu figurés afin de laisser toute leur place aux personnages et aux objets. J’ai beaucoup aimé entrer dans tous ces univers différents et tenter de raconter un peu de chaque histoire en une seule image. Parfois en étant au plus près du sujet, parfois en jouant au contraire sur un décalage. Cette recherche créative est très stimulante, nourrie des intentions des auteurs et metteurs en scène dont on doit illustrer l’œuvre. Il n’y a pas tellement d’école pour cela, c’est un travail personnel qui s’apprend en faisant. D’ailleurs je n’ai terminé aucune de mes formations en dessin… Deux ans à l’EPSAA (Ivry) et un an à l’Institut Saint-Luc ESA (Bruxelles) m’ont beaucoup appris, mais ces écoles ne me correspondaient pas vraiment. Mon approche est celle d’un artisan qui, par le travail d’une matière, crée un objet façonné par son savoir-faire et sa sensibilité. Depuis plusieurs années je me forme à l’ébénisterie, et j’y retrouve ce même attrait pour l’apprentissage et la connaissance de la matière, appliqués à une création. Ce n’est pas exactement comme dessiner pour Le Tigre, Influencia, XXI, Le Monde ou 10/18, mais pour moi cela répond à la même aspiration artistique. »

4 questions à Martin Lebrun