Hélène Builly illustre la saison 19-20

Le collage, c’est d’abord une irrésistible envie de changer l’ordre des choses, puis une façon de comprendre le théâtre de la vie. Une image porte déjà en elle toute une histoire, la faire vivre dans un nouveau contexte lui confère
bien sûr de nouvelles choses à dire mais l’inconscient ne s’affranchit pas totalement de ce qu’elle racontait auparavant, on entre alors dans le détournement pour faire naître des solutions imaginaires. Le hasard est une source de création formidable dans le collage : il rappelle combien il est important de ne pas avoir une idée fixe mais un vecteur car si le collage est un exercice contraignant, cette contrainte s’allège au moment où l’élément découpé
et posé dans un nouveau contexte reprend le contrôle de lui-même.
Après un bac littéraire, je passe quatre ans dans une école de graphisme, où je m’ennuie. À la fin de mes études, je travaille essentiellement pour la presse. Les couvertures que je réalise pour Clam Magazine sont remarquées par
une agence japonaise. Une galerie tokyoïte m’invite à monter ma première exposition.
Suivront la création du visuel de Noël dans les grands magasins du Printemps, la campagne mondiale Absolut Vodka, deux fresques monumentales pour le Printemps de l’homme, une publicité pour Renault… et d’autres clients comme Thalys, La Gazzetta dello Sport, les Nuits d’O à Montpellier, Pepsi, Louis Vuitton, Le Monde, France Télévisions, Actes Sud… Je dirige depuis maintenant dix ans la section artistique dans la revue Les Cahiers européens de l’imaginaire éditée au CNRS.