Derrière ses décors foisonnants, le Foyer du public raconte une histoire : celle du théâtre et de l’hommage rendu à Molière. Entre portraits, sculptures et détails ornementaux, chaque élément fait référence à l’œuvre du dramaturge et aux personnages qui ont marqué ses pièces.

Le Foyer du public des Célestins est l'une des plus belles salles du théâtre. Décoré par Joanny Domer dans un style mêlant Renaissance, 17ᵉ siècle et influences baroques, il est entièrement dédié à Molière et à son œuvre.

Au-dessus de la cheminée, un grand portrait représente le dramaturge assis, la plume à la main, des parchemins sous le coude. À ses pieds, un masque antique évoque les pièces de l'Antiquité et la naissance du théâtre, tandis qu'une muse et un angelot le couronnent de feuilles de laurier, signe de la reconnaissance de son génie. Autour de lui, les murs du Foyer accueillent les portraits des personnages les plus célèbres de ses pièces, dont beaucoup furent interprétés par Molière lui-même.

On peut retrouver ainsi Chrysale, dans Les Femmes Savantes (1672), Dorine dans Le Tartuffe ou l’imposteur (1664), Don Juan dans Don Juan ou Le Festin de Pierre (1665), Dorimène dans Le Mariage forcé (1666), Monsieur Jourdain dans Le Bourgeois Gentilhomme (1670), Sganarelle dans Le Médecin malgré lui (1666), Arnolphe dans L’École des femmes (1662) et Alceste dans Le Misanthrope (1666).
En levant les yeux, prenez le temps d'observer ces détails : ils racontent l'hommage que les Célestins rendent, depuis leur reconstruction, à celui qui demeure l'une des grandes figures du théâtre français.

Les Femmes savantes

Dans Les Femmes Savantes, Chrysale, le père de famille bourgeois, voudrait que son épouse Philaminte, sa sœur Bélise, et une de ses filles Armande, tiennent la maison et la cuisine, alors qu’elles veulent écrire, fréquenter des auteurs et tenir un salon littéraire. Il est question de marier la deuxième fille, Henriette, qui est amoureuse de Clitandre qui l’aime en retour. Mais la mère, Philaminte, veut la marier à Trissotin car elle veut un gendre écrivain. Les deux parents sont en désaccord sur le prétendant.

Aux Célestins, Les Femmes Savantes ont été mises en scène 10 fois, la première fois en 1925.

"Les Femmes savantes" aux Célestins

Le Misanthrope

Alors qu’il fustige les codes, la bienséance de façade de la société et dénigre ses congénères corruptibles, Alceste est fou amoureux de la plus mondaine d’entre toutes, Célimène. Jeune femme de la bonne société, son salon est le rendez‑vous des beaux esprits, où elle se plait à recevoir des hommages bien tournés, des vers galants et des compliments spirituels de nombreux soupirants. Alceste, qui lui ne se plie pas aux règles de la société mondaine, ni n’aime qu’on déguise sa pensée pour flatter et faire des louanges à des poètes sans talent, aime Célimène.
Comédie de mœurs cruelle, Le Misanthrope est une pièce à bien des égards en avance sur son temps tant l’hypocrisie de cour est mise à nue.

Aux Célestins, cette pièce a été jouée 15 fois, depuis 1928.

"Le Misanthrope" aux Célestins

L'École des femmes

Arnolphe a confié au couvent une jeune enfant, Agnès. Dans l’intention de se marier et par peur d’être trompé, il l’a fait élever sans éducation et dans l’ignorance de l’amour. Il veut ainsi s’assurer, par sa naïveté, de sa fidélité et faire d’elle une épouse soumise. Le plan d’Arnolphe s’effondre, quand Horace, beau jeune homme, lui confie qu’il est tombé amoureux d’Agnès. S’ensuit de nombreux quiproquos et manipulations où Arnolphe tente de garder Agnès pour lui, alors qu’elle est tombée amoureuse de Horace.

Aux Célestins, cette pièce a été jouée 10 fois, depuis 1941.

"L'École des femmes" aux Célestins

Dom Juan

Dom Juan, seigneur de grande famille, séducteur cynique, charme de la même manière toutes les femmes, qu’elles soient dames, demoiselles, bourgeoises ou paysannes, en leur promettant le mariage. Il a séduit Dona Elvire, l’a enlevé du couvent, s’est marié à elle pour l’abandonner. Libertin, incroyant et athée, Dom Juan multiplie tout au long de la pièce les conquêtes, les moqueries cyniques, les duels évités de justesse, les provocations et le mépris de la morale, jusqu’à sa condamnation d’outre-tombe par la statue du Commandeur.
Dom Juan explore les thèmes du libertinage, de l’hypocrise, de la foi, de la séduction et de la condition humaine face au divin.

Aux Célestins, elle a été représentée 4 fois depuis 1960.

"Dom Juan" aux Célestins